L’ORL vient de parler de diabolos pour votre enfant, ou pour vous, et le mot reste flou. La proposition arrive souvent après une longue période d’oreilles qui entendent mal, et elle soulève vite des questions concrètes. Faut-il vraiment opérer ? Que change ce petit tube au quotidien ? Peut-on se baigner ? Comment savoir si les suites sont normales ?
Le diabolo dans les oreilles n’est ni une aide auditive ni un traitement miracle. Sa pose est un geste précis, proposé dans des situations précises, avec un suivi pendant plusieurs mois. Pour en parler sereinement avec votre ORL, mieux vaut comprendre pourquoi on le pose, ce qui se passe le jour de l’intervention et ce qui reste à surveiller une fois rentré chez soi. Les repères qui suivent s’appuient sur les documents officiels français.
Sommaire
Diabolo dans les oreilles : à quoi sert ce petit tube ?
Quand l’ORL propose-t-il des diabolos à un enfant ?
Pour qui la décision doit-elle être adaptée ?
Comment se déroule la pose des aérateurs ?
Quelles précautions prendre après la pose, notamment avec l’eau ?
Quels signes et complications doivent faire recontacter l’ORL ?
Combien de temps les diabolos restent-ils et quel suivi prévoir ?
Diabolo dans les oreilles : préparer la décision, tenir le suivi
Diabolo dans les oreilles : à quoi sert ce petit tube ?
Une oreille moyenne qui ne respire plus
Pour comprendre le rôle du diabolo, il faut regarder derrière le tympan. Le son entre par le conduit auditif, fait vibrer cette fine membrane, puis traverse une petite cavité remplie d’air : l’oreille moyenne. Cette cavité doit rester aérée pour bien transmettre le son. L’air y arrive normalement par la trompe d’Eustache, un petit canal qui la relie à l’arrière du nez.
Quand cette ventilation fonctionne mal, du liquide s’accumule derrière le tympan. On parle d’otite séreuse ou séromuqueuse. Ce liquide freine les vibrations et le son arrive atténué, un peu comme à travers une porte fermée. L’enfant semble distrait, monte le son de la télévision ou fait répéter. Souvent, il n’a pas mal. C’est pourquoi le problème passe longtemps inaperçu.
Ce que fait réellement l'aérateur
Le diabolo, qu’on appelle aussi yoyo, drain ou aérateur transtympanique, est un tube creux placé au travers du tympan. Il maintient une petite ouverture qui laisse l’air entrer dans l’oreille moyenne, ce qui limite la reformation du liquide. Il ne se place pas dans l’oreille interne. Il n’amplifie pas le son, et il ne fait pas barrage à l’eau.
Il se distingue aussi de la simple paracentèse. Celle-ci consiste à inciser le tympan pour évacuer le liquide, mais l’ouverture se referme rapidement. Avec l’aérateur, l’incision est suivie de la mise en place d’un tube, qui garde le passage ouvert pendant des mois. Une oreille bouchée de façon passagère, en avion ou en montagne, relève d’un autre mécanisme : les manœuvres pour déboucher une oreille concernent ces situations, jamais une oreille équipée d’un aérateur.
Quand l'ORL propose-t-il des diabolos à un enfant ?
L'otite séreuse, une otite qui ne fait pas toujours mal
L’otite séreuse n’a rien à voir avec l’otite aiguë qui réveille l’enfant en pleurs avec de la fièvre. Elle s’installe souvent sans bruit, après un rhume ou une otite, et peut guérir seule. La Haute Autorité de santé parle d’otite séromuqueuse chronique quand le liquide persiste derrière le tympan depuis plus de trois mois. Cette définition décrit une durée, pas un délai imposé avant de consulter.
Ce que l'ORL regarde avant de proposer des diabolos
Un chiffre d'audition s'interprète avec le reste du bilan : ce n'est jamais un verdict à poser seul à la maison.
- la durée du liquide derrière le tympan : au-delà de 3 mois, on parle de forme chronique
- le résultat de l'audiométrie, toujours lu avec l'examen de l'oreille
- le retentissement sur le langage, l'attention et les apprentissages
- un éventuel profil à risque, qui peut justifier un avis ORL plus précoce
Les otites aiguës douloureuses qui se répètent constituent une autre situation. Selon le Conseil national professionnel d’ORL, elles peuvent aussi conduire à poser des aérateurs. Elles sortent toutefois du parcours décrit par la HAS pour l’otite séreuse. Il s’agit donc de deux indications distinctes, que l’ORL évalue chacune avec ses propres critères.
Trois mois de surveillance : une décision active
Dans le parcours HAS de l’otite séreuse bilatérale de l’enfant, un contrôle à 3 mois est prévu sans situation à risque. Ce délai court à partir du diagnostic de l’épanchement. Ce délai ne revient pas à laisser faire. Il laisse au liquide le temps de se résorber seul, ce qui arrive souvent, tout en fixant un rendez-vous précis. Si le liquide persiste à ce contrôle, l’enfant est orienté vers un ORL et passe une audiométrie.
Pendant cette période, les médicaments ne remplacent pas la surveillance. La HAS indique qu’aucun traitement médicamenteux n’a montré d’efficacité dans l’otite séromuqueuse. Elle y déconseille les antibiotiques, les décongestionnants, les antihistaminiques et les corticoïdes. L’Assurance Maladie précise que les corticoïdes n’apportent pas de bénéfice durable. Ce constat ne concerne pas un traitement prescrit pour une autre infection.
Que signifie le seuil de 25 dB ?
L’audiométrie mesure la baisse d’audition en décibels. Dans son arbre de décision pour l’otite séreuse chronique bilatérale de l’enfant, la HAS retient une baisse d’au moins 25 dB comme indication de pose d’aérateurs. Si la baisse est inférieure ou absente, un nouveau contrôle clinique est prévu trois mois plus tard. Ce résultat se lit toujours avec l’examen du tympan et le contexte de l’enfant.
La page de l’Assurance Maladie présente les indications autrement. Elle évoque une surdité de transmission bilatérale avec une audiométrie supérieure à 30 dB, un retentissement sur le langage ou une surdité associée. Les deux documents n’ont ni le même format ni le même objectif. Il n’existe donc pas de seuil universel à retenir : c’est l’ORL qui interprète le bilan complet.
Les tests auditifs sur téléphone ne permettent pas de trancher. Une audiométrie se fait dans des conditions adaptées, et son résultat n’a de sens que rapproché de l’examen clinique. Un enfant peut avoir un chiffre modeste et des difficultés réelles à l’école, ou l’inverse. C’est cette lecture d’ensemble qui guide la proposition.
Le retentissement au quotidien
Les parents et les enseignants remarquent souvent les signes avant l’examen. Un enfant qui fait répéter, se replie dans le groupe, prend du retard dans son langage ou paraît inattentif en classe peut simplement mal entendre depuis des semaines. Ces observations comptent. Les noter avant la consultation aide l’ORL à mesurer ce que la gêne auditive change vraiment dans la vie de l’enfant.
Pour qui la décision doit-elle être adaptée ?
Les enfants pour qui on n'attend pas trois mois
Certains enfants peuvent être adressés à l’ORL dès le diagnostic, sans attendre le contrôle à trois mois. La HAS cite plusieurs situations : une pathologie vélaire (une anomalie du voile du palais), une trisomie 21, une surdité préexistante, des troubles du langage ou du développement, un handicap visuel, ou une suspicion de rétraction du tympan.
Ces situations ne déclenchent pas une pose automatique. Elles justifient une évaluation plus précoce, car une audition diminuée pèse davantage quand l’enfant compense déjà une autre difficulté. Un enfant qui voit mal s’appuie beaucoup sur ce qu’il entend, par exemple. L’ORL tient compte de ce terrain pour décider du bon moment.
Quand l’enfant est déjà suivi pour son langage ou son développement, les comptes rendus récents sont précieux. Ils montrent l’évolution sur plusieurs mois, ce qu’une seule consultation ne permet pas de voir. Penser à apporter les bilans existants, d’orthophonie par exemple, évite de reconstruire l’histoire de mémoire le jour du rendez-vous.
Aucun âge minimal universel
On cherche souvent l’âge à partir duquel la pose devient possible. Les documents officiels consultés ne fixent pas d’âge plancher unique. La décision repose sur la durée de l’épanchement, l’audition, le retentissement et le profil de l’enfant. L’âge intervient surtout dans le choix de l’anesthésie et dans certaines options associées, comme l’ablation des végétations.
Végétations et auto-insufflation : deux options à discuter
Les végétations adénoïdes sont des tissus situés à l’arrière du nez, à ne pas confondre avec les amygdales. Selon la HAS, leur ablation peut se discuter à partir de 4 ans en même temps que la pose. Elle apporte alors un bénéfice supplémentaire sur la durée de l’épanchement et le risque de réintervention. Elle n’a toutefois rien de systématique.
L’Assurance Maladie décrit aussi l’auto-insufflation au ballon pour les enfants de plus de 4 ans capables de la pratiquer. Cette option se discute avec le médecin, avant une éventuelle chirurgie. Elle ne constitue pas une consigne après la pose. Aucune manœuvre pour forcer le passage de l’air ne doit être tentée sur une oreille équipée d’un tube.
Chez l'adulte, une décision au cas par cas
Les diabolos ne concernent pas que les enfants. La fiche d’information du CNP d’ORL s’adresse aussi bien à l’adulte qu’à l’enfant. Chez l’adulte, l’indication est individualisée. Les seuils de l’arbre de la HAS, construits pour l’otite séreuse bilatérale de l’enfant, ne se transposent pas tels quels. Le bilan est pensé pour la situation propre de chacun.
L’anesthésie suit la même logique. Le CNP d’ORL indique qu’elle peut être locale ou générale selon l’âge et la sensibilité de la personne. Un adulte peut donc se voir proposer une pose sous anesthésie locale, là où un jeune enfant aurait besoin d’une anesthésie générale. Ce choix se discute en consultation, selon le confort et la situation médicale.
Questions à emporter chez l'ORL
- Pourquoi poser des diabolos maintenant plutôt que surveiller encore ?
- Quel bénéfice attendre pour l'audition, et pour le langage chez l'enfant ?
- Diabolo ou T-tube : quel modèle, et pour combien de temps environ ?
- Les végétations doivent-elles être retirées en même temps, et pour quelle raison ?
- Quelle anesthésie est prévue, et quelles consignes suivre avant et après ?
- Qui contacter en cas d'écoulement ou d'inquiétude après la pose ?
Comment se déroule la pose des aérateurs ?
Avant l'intervention : informer et consentir
Tout commence par une consultation. L’ORL explique le but du geste, les bénéfices attendus et les risques, puis recueille le consentement du patient ou des parents. Des fiches d’information, comme celle du CNP d’ORL, servent à préparer cet échange. C’est le moment de signaler les traitements en cours et les allergies, et d’apporter les examens déjà réalisés.
Ce temps d’échange compte autant que le geste. Un parent qui repart avec des réponses claires vit mieux la journée d’intervention. Il repère aussi plus facilement, ensuite, ce qui sort de l’ordinaire. Mieux vaut noter ses questions à l’avance : face au médecin, on en oublie souvent la moitié.
Diabolo ou T-tube : le choix du modèle
L’ORL choisit aussi le type d’aérateur. Les diabolos sont prévus pour tomber seuls après quelques mois. Les T-tubes restent en place plus longtemps et sont retirés par l’ORL. L’Assurance Maladie signale avec eux un risque de perforation résiduelle un peu plus élevé. Le modèle retenu dépend de la situation de chaque oreille.
Anesthésie locale ou générale
Selon le CNP d’ORL, la pose se fait sous anesthésie locale ou générale, en fonction de l’âge et de la sensibilité de chacun. Un jeune enfant tient difficilement immobile, ce qui oriente souvent vers l’anesthésie générale. Quand celle-ci est prévue, une consultation pré-anesthésique est indispensable avant l’intervention.
Les consignes de jeûne, de toilette et d’heure d’arrivée sont données par l’équipe. Elles varient d’un établissement à l’autre et d’un patient à l’autre. Il faut donc suivre celles remises par l’équipe, sans s’appuyer sur une durée lue ailleurs. Un rhume ou une fièvre la veille justifie un appel au service, qui jugera s’il faut maintenir la date.
Le geste lui-même
Sous microscope, l’ORL pratique une petite incision du tympan, puis place le tube dans cette ouverture. Tout se passe par le conduit auditif. La durée du geste varie selon les situations, et les chiffres trouvés en ligne ne concordent pas. Elle ne représente d’ailleurs qu’une partie de la journée : accueil, préparation, anesthésie et surveillance au réveil prennent davantage de temps.
Le retour à la maison
L’hospitalisation est le plus souvent ambulatoire selon le CNP d’ORL : l’enfant ou l’adulte rentre chez lui le jour même. Aucune heure de sortie n’est garantie, car elle dépend du réveil et de la surveillance. Avant de partir, on vérifie avoir reçu les consignes écrites, les éventuels traitements prescrits et le numéro à joindre.
Après une anesthésie générale, la fatigue des heures suivantes surprend parfois les parents. La récupération après une anesthésie générale suit son propre rythme selon les personnes. Pour la reprise des activités, ce sont toutefois les instructions de sortie de l’équipe qui font foi, pas une durée générale.
Les étapes de la pose des aérateurs
La chaîne ORL | Information présente les principales étapes de la pose d’aérateurs tympaniques, du geste opératoire aux suites habituelles. Un support utile pour comprendre ce qui se passe avant, pendant et après l’intervention, selon l’âge et la situation médicale.
Quelles précautions prendre après la pose, notamment avec l'eau ?
Les premiers jours
Les instructions de sortie sont la référence. Elles précisent la reprise de l’école ou du travail, les éventuelles gouttes prescrites et le contact en cas de souci. La reprise des activités est individualisée : aucune durée d’éviction ne s’applique à tout le monde. En cas de doute, un appel à l’équipe vaut mieux qu’une recherche sur un forum.
Rien ne doit entrer dans le conduit sans prescription : ni coton-tige, ni produit, ni gouttes achetées sans avis. Un écoulement n’impose pas de nettoyage dans l’oreille. On essuie simplement l’extérieur et on prévient l’équipe s’il persiste. Des gouttes prévues pour une autre otite peuvent ne pas convenir à un tympan traversé par un tube.
Un départ en vacances, une classe de découverte ou un voyage prévu dans les semaines qui suivent se signalent dès la consultation. L’équipe peut alors adapter ses consignes au programme, plutôt que de répondre dans l’urgence la veille du départ.
L'eau : des consignes qui varient
L’eau est la question qui revient le plus, et les réponses trouvées en ligne se contredisent. Le tube maintient une ouverture dans le tympan : l’eau qui pénètre dans le conduit peut donc atteindre l’oreille moyenne. Dans une vidéo d’information de 2018, l’équipe ORL du CHU de Nîmes recommande d’éviter l’entrée d’eau et de protéger les oreilles. Elle déconseille aussi la plongée sous-marine.
Au Royaume-Uni, les recommandations du NICE de 2023 conseillent de garder l’oreille sèche deux semaines après la pose chez l’enfant de moins de 12 ans. Elles invitent à éviter la piscine et à rester prudent pendant le bain et le lavage des cheveux. Ce délai vaut dans le cadre britannique. Il ne signifie pas que la baignade devient libre au quinzième jour.
Toilette, bain, piscine, plongée
Toutes les situations ne se valent pas. Une douche expose à quelques gouttes, un bain ou une piscine à une immersion, la plongée à la pression en plus de l’eau. La conduite dépend aussi des suites de l’intervention et du dispositif posé. D’où l’intérêt de poser la question situation par situation à l’équipe.
Les protections ne sont pas toutes nécessaires ni identiques. Bouchons, bandeau ou bonnet : l’équipe dira si une protection est utile, et laquelle. Aucun document de référence consulté n’impose de bouchons sur mesure, ni ne fixe une profondeur sans risque. Mieux vaut attendre la consigne avant d’acheter quoi que ce soit.
Eau après la pose : ce qu’il faut demander à l’équipe
Aider l'enfant à bien entendre
L’audition peut s’améliorer après la pose, mais le langage met parfois du temps à rattraper un retard. Le NICE recommande des gestes simples : parler face à l’enfant, réduire le bruit de fond, prévenir l’enseignant et adapter sa place en classe. Ces habitudes restent utiles tant que le suivi n’est pas terminé.
Quels signes et complications doivent faire recontacter l'ORL ?
L'écoulement d'oreille, une suite à connaître
Après la pose, l’oreille peut couler. On parle d’otorrhée : un écoulement de liquide hors du conduit auditif, parfois teinté de sang. Le CNP d’ORL la décrit parmi les suites possibles. Elle ne signifie pas que l’intervention a échoué. Elle n’est pas pour autant à négliger : si l’écoulement persiste au-delà de quelques jours, le chirurgien doit en être informé.
L’écoulement peut aussi réapparaître plus tard. La conduite reste la même : prévenir l’équipe plutôt que d’attendre, et ne rien introduire dans le conduit. Un traitement peut être prescrit après examen. Il ne se décide pas avec un reste de gouttes trouvé dans l’armoire à pharmacie.
Les autres complications décrites
Le CNP d’ORL décrit d’autres suites possibles. Le tube peut se boucher et cesser d’aérer l’oreille. Il peut aussi être expulsé plus tôt que prévu. Le liquide peut revenir après la chute du tube, et une nouvelle pose est alors parfois discutée. Plus rarement, le tube migre.
Un tube bouché ou tombé trop tôt ne fait plus son travail. L’audition peut alors baisser de nouveau, souvent progressivement. C’est l’une des raisons pour lesquelles les rendez-vous de contrôle gardent leur importance, même quand l’enfant n’a pas de douleur.
Après la chute du diabolo, le tympan se referme en général. Il peut toutefois garder un petit trou : on parle de perforation séquellaire. Celle-ci peut parfois nécessiter une chirurgie pour fermer le tympan. L’ORL la recherche lors des contrôles, ce qui explique qu’on ne s’arrête pas à la chute du tube.
Les complications exceptionnelles
Des complications plus graves sont décrites, comme une perte auditive importante ou des vertiges. Le CNP d’ORL les présente comme très exceptionnelles, sans donner de taux. Leur rareté n’enlève rien à la conduite à tenir. Une baisse nette de l’audition ou un vertige marqué après la pose n’attendent pas le rendez-vous de contrôle : ils justifient un avis rapide.
Chez le jeune enfant qui ne parle pas encore, ces signes se lisent dans le comportement. Un enfant qui se frotte l’oreille sans cesse, devient inhabituellement grognon ou perd l’équilibre alors qu’il marchait bien mérite qu’on appelle l’équipe sans tarder. Les parents connaissent leur enfant : un changement net vaut d’être signalé.
Il n’existe pas de liste officielle de seuils pour trier ces situations. La conduite raisonnable consiste à distinguer ce qui peut passer par un appel au service, comme un écoulement qui dure, de ce qui demande un examen sans délai. Dans le doute, le numéro donné à la sortie reste le premier contact, et le 15 en cas d’urgence.
Quand recontacter l'ORL après la pose
Ne rien introduire dans le conduit pour le nettoyer, et ne jamais tenter de retirer le drain soi-même.
- un écoulement de l'oreille qui persiste au-delà de quelques jours ou qui revient : prévenir l'équipe
- une baisse importante de l'audition après l'intervention : demander un avis rapide
- des vertiges marqués : demander un avis rapide, sans attendre le contrôle prévu
- un changement net du comportement chez un enfant qui ne parle pas encore : appeler l'équipe
Combien de temps les diabolos restent-ils et quel suivi prévoir ?
Des mois, sans date garantie
Les diabolos sont conçus pour tomber seuls. L’Assurance Maladie donne un repère : une expulsion spontanée entre 4 et 18 mois. La HAS, qui parle plus largement d’aérateurs, évoque une plage allant de 4 mois à 2 ans. Ces chiffres ne se contredisent pas vraiment, car ils décrivent des modèles et des documents différents. Personne ne peut prédire la date de chute pour une oreille donnée. Si le diabolo ne tombe pas spontanément et reste en place, l’ORL peut devoir le retirer ; le suivi permet d’en décider.
Un diabolo ne se retire jamais à la maison, même s’il semble visible ou mobile. Tout geste dans le conduit risque de blesser le tympan. Si une chute est constatée, il suffit de le signaler lors du suivi : l’ORL vérifie l’état du tympan et décide de la suite.
Le cas des T-tubes
Les T-tubes restent plus longtemps en place. Selon le CNP d’ORL, ils sont retirés par l’ORL après plusieurs mois ou quelques années. La date dépend de l’évolution de l’oreille, pas d’un calendrier fixé à l’avance.
Pourquoi le suivi continue après la chute
La chute du tube ne marque pas la fin de l’histoire. Le tympan doit se refermer, et le liquide peut revenir si la ventilation de l’oreille reste fragile. C’est pourquoi le contrôle du tympan et de l’audition garde tout son intérêt, y compris quand l’enfant semble aller bien. Une amélioration ressentie à la maison ne remplace pas un examen.
La HAS prévoit une audiométrie après la pose. Le NICE, dans son cadre britannique, propose un test auditif six semaines après l’intervention. En France, aucun calendrier unique ne s’impose : l’ORL fixe le rythme des rendez-vous selon la situation. Garder ces dates permet de repérer une récidive avant qu’elle ne retentisse de nouveau sur la vie quotidienne.
Pour l’enfant, ce suivi sert aussi à vérifier que le langage et les apprentissages progressent. L’objectif est une meilleure audition, sans garantie que tous les troubles disparaissent d’eux-mêmes. Si un retard persiste malgré une audition améliorée, l’ORL peut orienter vers d’autres professionnels.
Entre deux rendez-vous, quelques notes simples aident beaucoup. La date d’une chute constatée, un épisode d’écoulement ou une période où l’enfant fait de nouveau répéter : ces informations donnent au médecin une vue précise de l’évolution, bien plus fiable que les souvenirs rassemblés le jour de la consultation.
Diabolo dans les oreilles : préparer la décision, tenir le suivi
La pose d’un diabolo dans les oreilles répond à un problème précis : une oreille moyenne qui ne s’aère plus et une audition qui en pâtit. Elle ne s’impose ni à tous les enfants qui font des otites ni à partir d’un âge donné. Elle se décide après une surveillance organisée, un bilan auditif et un regard sur la vie quotidienne de l’enfant, ou sur la situation propre de l’adulte.
Avant de dire oui, vous pouvez demander à votre ORL ce qu’il attend de l’intervention, quel modèle il prévoit, comment se passera l’anesthésie et quelles règles s’appliqueront pour l’eau. Repartez avec des instructions écrites et un contact joignable.
Après la pose, deux réflexes suffisent : prévenir l’équipe si l’oreille coule durablement, et demander un avis rapide en cas de baisse importante de l’audition ou de vertiges. Gardez surtout les rendez-vous prévus, même quand le tube est tombé et que tout semble rentré dans l’ordre. C’est ce suivi qui confirme que l’oreille va bien.
Sources de cet article
- Assurance Maladie, Traitement de l'otite séreuse ou séromuqueuse, ameli.fr
- Haute Autorité de santé, fiche pertinence : pose d'aérateurs transtympaniques chez l'enfant (2017), has-sante.fr
- CNP d'ORL, information médicale avant pose d'aérateurs transtympaniques chez l'enfant ou l'adulte (mise à jour 2024), cnp-orl.org
- ORL Information (CHU de Nîmes), Information patient : pose d'aérateurs tympaniques, youtube.com
- NICE, Otitis media with effusion, recommandations NG233 (2023), nice.org.uk
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute ou de symptôme persistant, consultez un médecin.
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Vos questions sur diabolo dans les oreilles
Diabolo, yoyo, drain : est-ce la même chose ?
Oui, ce sont les noms courants des aérateurs transtympaniques. Le mot diabolo désigne surtout les modèles conçus pour tomber seuls, alors que les T-tubes restent plus longtemps. L’ORL précise le modèle qu’il prévoit.
Peut-on encore avoir une otite avec un diabolo ?
Oui. Une infection reste possible et se manifeste souvent par un écoulement de l’oreille. Il faut alors consulter : le traitement éventuel se décide après examen, jamais avec des gouttes utilisées sans avis médical.
Peut-on prendre l'avion avec des diabolos ?
Aucun délai standard n’est validé dans les documents officiels consultés. Le mieux est de signaler le voyage à l’équipe dès la consultation, pour obtenir une consigne adaptée à l’intervention et à ses suites.
Que faire si un diabolo tombe ?
Rien dans le conduit : aucune pince, aucun coton-tige. Il suffit de signaler la chute lors du suivi. L’ORL vérifie ensuite l’état du tympan, la présence éventuelle de liquide et l’audition.
Le diabolo se voit-il de l'extérieur ?
Non. Il est placé dans le tympan, au fond du conduit auditif. Personne ne le remarque en regardant l’oreille ; seul un médecin peut le voir lors d’un examen à l’otoscope.
Peut-on reposer des diabolos plusieurs fois ?
C’est possible. Quand le liquide revient après la chute des tubes, une nouvelle pose peut être discutée. L’ORL évalue alors l’audition, le retentissement et l’intérêt d’un geste associé, comme le retrait des végétations.
La pose de diabolos est-elle remboursée ?
L’intervention est prise en charge par l’Assurance Maladie sur indication médicale, mais le reste à charge varie selon l’établissement, les honoraires et la complémentaire santé. Un devis demandé à l’avance évite les surprises.



