Vous avez remarqué un changement dans vos selles. Couleur inhabituelle, consistance différente, trace de sang ou de mucus : la première réaction est souvent de chercher des selles anormales photos en ligne pour comparer. On veut se rassurer, comprendre ce qui se passe, savoir si un rendez-vous s’impose.
Ce guide vous donne les repères pour décrire ce que vous observez, comprendre les limites de toute comparaison visuelle et identifier les situations qui nécessitent un avis médical rapide. Les images peuvent aider à poser des mots sur une observation. Elles ne remplacent jamais l’évaluation d’un professionnel de santé.
Tout ce qui suit concerne l’adulte. Les selles du nourrisson et du jeune enfant obéissent à d’autres repères, qui ne sont pas traités ici.
Sommaire
Selles anormales photos : les repères et les alertes avant de comparer
À quoi ressemblent des selles habituelles selon l’échelle de Bristol ?
Que peuvent indiquer les différentes couleurs des selles ?
Sang, glaires, graisse : ce que l’aspect permet de décrire
Selles dures, liquides ou fines : replacer la forme dans le transit
Quand faut-il consulter ou appeler les urgences ?
Peut-on reconnaître un cancer sur une photo de selles ?
Préparer une consultation sans multiplier les comparaisons en ligne
Selles anormales photos : les repères et les alertes avant de comparer
Ce que la comparaison visuelle permet
Une photographie de selles offre un point de repère pour décrire une couleur, une texture ou un changement récent. C’est un support de description, pas un outil de diagnostic. L’éclairage, l’alimentation, les médicaments en cours et l’heure de la journée modifient ce que l’on voit.
Un dessin pédagogique et une photographie clinique n’apportent d’ailleurs pas la même information. Le premier illustre un principe général, la seconde montre un cas particulier, souvent difficile à transposer à sa propre situation. Aucun cliché trouvé en ligne ne remplace l’avis d’un médecin qui connaît le contexte.
Les signes qui ne peuvent pas attendre
Certaines situations imposent d’agir avant de poursuivre la lecture. Un saignement abondant par l’anus, des selles noires goudronneuses accompagnées d’un malaise ou d’une confusion, des signes de déshydratation sévère avec somnolence : il faut appeler le 15 (SAMU) ou le 112 sans délai.
La suite de ce guide détaille les niveaux de consultation adaptés à chaque situation. Le périmètre est celui de l’adulte : les couleurs, les formes et la conduite à tenir sont présentées par ordre de priorité.
À quoi ressemblent des selles habituelles selon l'échelle de Bristol ?
L’aspect des selles varie d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre. Un changement d’alimentation, un stress passager ou un transit accéléré après un repas copieux peuvent modifier leur forme et leur couleur. Ces fluctuations sont courantes. Avant de s’inquiéter, il est utile de connaître les repères qui servent à décrire la consistance de manière fiable.
Avant toute comparaison
- Saignement abondant, selles noires goudronneuses avec malaise ou confusion : appelez le 15 ou le 112
- Un changement isolé ne permet pas de conclure
- Observer la durée, la répétition et les symptômes associés
- Aucune photo ne remplace l'évaluation d'un professionnel de santé
Les nuances de couleur courantes
Les selles sont habituellement brunes. Cette teinte provient de la bile, produite par le foie et progressivement transformée au cours du transit intestinal. Un brun plus clair ou plus foncé reste courant selon l’alimentation des derniers jours.
Le vert peut apparaître après une consommation de brocoli, d’épinards ou de chou, ou lorsqu’un transit rapide laisse la bile insuffisamment dégradée. En l’absence de fièvre, de douleur ou de sang, ces variations ne constituent généralement pas un motif de consultation.
Sept catégories pour décrire la consistance
L’échelle de Bristol, utilisée en pratique médicale courante, classe les selles en sept types selon leur forme et leur texture. Les types 1 et 2 correspondent à des selles dures : petites boules séparées, difficiles à évacuer, ou forme de saucisse grumeleuse. Les types 3 et 4 désignent des selles moulées, considérées comme les plus fréquentes : forme allongée avec des fissures en surface (type 3), ou forme lisse et souple (type 4).
Les types 5, 6 et 7 décrivent des selles progressivement plus molles. Type 5 : morceaux mous aux bords nets. Type 6 : masse pâteuse aux bords irréguliers. Type 7 : entièrement liquide, sans morceau solide. Cette classification n’est pas un jugement de gravité : elle décrit ce que l’on voit, rien de plus.
Ce que l'échelle ne dit pas
Bristol est un vocabulaire d’observation, pas un classement de maladies. Un type 5 isolé après un repas copieux ne signifie pas une diarrhée. Un type 2 un matin de stress n’annonce pas forcément une constipation chronique. La répétition sur plusieurs jours, le contexte alimentaire et les symptômes associés donnent du sens au type observé.
Observer un changement plutôt qu'un cliché isolé
L’intérêt de ces repères est de suivre l’évolution dans le temps. Si les selles passent durablement d’un type 4 à un type 6, le médecin disposera d’une information concrète pour orienter son évaluation. Un relevé sur quelques jours, même sommaire, vaut mieux qu’une seule photo prise au hasard.
Ce suivi aide à distinguer un épisode passager d’un changement installé, ce qui modifie la conduite à tenir. Une selle isolée d’aspect inhabituel, sans récidive et sans symptôme, ne justifie généralement pas de consultation urgente.
Que peuvent indiquer les différentes couleurs des selles ?
La couleur des selles dépend principalement de la bile, de l’alimentation et de certains médicaments. Chaque teinte peut orienter une réflexion, sans jamais suffire à poser un diagnostic. Les paragraphes suivants détaillent les couleurs les plus souvent recherchées, de la plus courante à la plus préoccupante, avec pour chacune l’observation, une explication possible et les limites de la déduction.
Brun et vert : des variations souvent banales
Le brun est la couleur de référence des selles, liée à la dégradation de la bilirubine dans l’intestin. Sa nuance varie selon les aliments consommés, la vitesse du transit et la composition de la flore intestinale. Le vert peut survenir après des épinards, du chou, du brocoli ou des compléments contenant de la chlorophylle.
Un transit accéléré peut aussi produire cette teinte, car la bile n’a pas le temps de se transformer complètement en pigment brun. En l’absence de fièvre, de douleurs ou de sang, ces variations de couleur ne justifient généralement pas de consulter en urgence.
Jaune et aspect gras : quand la couleur oriente vers un trouble
Des selles jaunes, volumineuses et malodorantes, avec un aspect gras et collant, peuvent évoquer une malabsorption des graisses. La confirmation de cette hypothèse repose sur un bilan médical, pas sur l’apparence seule. Ni la couleur jaune isolée ni la flottaison ne suffisent à affirmer un trouble.
Un régime riche en certains aliments (carottes, curcuma) ou un transit accéléré peuvent aussi produire cette teinte, sans gravité. C’est la répétition de l’aspect gras sur plusieurs jours, associée à d’autres symptômes, qui justifie une consultation. Le médecin orientera alors le bilan.
Rouge : betterave, aliment ou sang ?
La betterave, certains fruits rouges et quelques colorants alimentaires peuvent teinter les selles en rouge sans qu’il y ait de saignement. Cette coloration disparaît généralement après l’arrêt de l’aliment en cause. Pourtant, une explication alimentaire plausible n’exclut jamais formellement la présence de sang.
Si la coloration persiste ou si elle s’accompagne de douleurs, de fatigue ou d’un changement de transit, un avis médical s’impose. La couleur rouge peut aussi résulter d’un saignement digestif bas, dont seul un examen permet de déterminer l’origine.
Noir : fer oral ou saignement digéré ?
La prise de médicaments ou de compléments contenant du fer colore fréquemment les selles en noir (méléna). Cette réaction est connue et mentionnée dans les notices des spécialités concernées. Elle n’est pas dangereuse en soi et ne justifie pas d’arrêter le traitement.
En revanche, des selles noires, goudronneuses et malodorantes (aspect dit de méléna) peuvent correspondre à un saignement digestif haut, partiellement digéré. Cet aspect suspect impose une évaluation médicale urgente, même sans malaise. S’il s’accompagne d’un malaise, de vertiges, d’une syncope ou d’une confusion, appelez le 15 ou le 112. La prise de fer ne suffit pas à l’expliquer.
Blanc, gris ou très pâle : un signal à ne pas ignorer
Des selles franchement décolorées, blanches ou grises, peuvent évoquer un défaut de flux biliaire (cholestase). La bile ne parvient plus en quantité suffisante dans l’intestin, ce qui prive les selles de leur pigmentation habituelle. Ce signe s’accompagne souvent d’urines anormalement foncées, d’un jaunissement de la peau ou des yeux (ictère) et de démangeaisons.
Il ne faut pas confondre un brun clair banal avec cette décoloration franche. Le rapprochement avec les autres symptômes guide la consultation, pas la teinte seule. Si ces signes sont associés, un bilan rapide est justifié, pouvant comprendre un dosage de la bilirubine et d’autres examens hépatiques.
Pourquoi une couleur seule ne suffit pas
La couleur est un premier indice, jamais une preuve. La même teinte noire peut être anodine sous traitement par fer ou alarmante en cas de méléna. Le rouge peut venir d’un aliment ou d’un saignement. C’est le contexte complet (alimentation récente, médicaments en cours, symptômes associés, durée du changement) qui permet au médecin d’orienter le bilan et de décider des examens nécessaires.
Couleurs des selles : observation et contexte à vérifier
Sang, glaires, graisse : ce que l'aspect permet de décrire
L’aspect des selles ne se résume pas à leur couleur ou à leur forme. La présence de sang, de glaires ou d’un film gras constitue un élément d’observation important à rapporter au médecin. Leur interprétation dépend toujours du contexte clinique.
Sang visible dans les selles
Du sang rouge vif à la surface des selles ou sur le papier provient généralement de la partie basse du tube digestif. Les hémorroïdes et les fissures anales figurent parmi les causes fréquentes, selon l’Assurance Maladie. Cette origine courante ne doit pourtant jamais être considérée comme acquise sans examen.
Un saignement digestif haut, en cas d’hémorragie massive, peut aussi se manifester par du sang rouge. Par ailleurs, un saignement peut rester invisible à l’œil nu : c’est le sang occulte, détectable uniquement par une analyse de laboratoire. La présence de sang, quelle que soit sa quantité apparente, justifie toujours un avis médical.
Glaires et mucus : ce que l'on peut noter
Des filaments translucides ou blanchâtres mêlés aux selles correspondent souvent à du mucus intestinal. Une petite quantité est normale : l’intestin en produit naturellement pour faciliter le transit. En revanche, des glaires abondantes, associées à du sang ou à un épisode de diarrhée, constituent un motif de consultation.
Sur une photographie, il est difficile de distinguer avec certitude des glaires, de la graisse ou un simple résidu alimentaire non digéré. Un filament ne prouve pas un parasite. La description de la fréquence, de la consistance et des symptômes associés apporte au médecin bien plus d’informations qu’une seule image.
Aspect gras et selles volumineuses
Des selles qui semblent grasses, collantes et difficiles à évacuer peuvent orienter vers une stéatorrhée. Ce terme désigne une excrétion excessive de lipides dans les selles, définie biologiquement par un seuil supérieur à 7 grammes de lipides par jour. Cette mesure se fait en laboratoire, pas à l’œil.
Le simple fait qu’une selle flotte ou paraisse huileuse ne suffit pas à affirmer ce trouble. Plusieurs facteurs, dont les gaz et la composition du repas, influencent la flottaison. Si cet aspect gras se répète sur plusieurs jours, un bilan de malabsorption peut être envisagé par le médecin.
Les limites d'une observation visuelle
Une photographie permet de documenter un aspect à un instant donné. Elle ne mesure pas le sang occulte, ne quantifie pas les graisses fécales et ne distingue pas un mucus normal d’un mucus pathologique. C’est un support de description pour le médecin, jamais un outil de diagnostic autonome.
En cas de doute, noter ce que l’on observe (couleur, fréquence, symptômes associés, médicaments en cours) reste plus fiable que de comparer une image à des photos trouvées sur internet. Le médecin dispose d’examens complémentaires que l’observation seule ne peut pas remplacer.
Cancer colorectal : symptômes, prévention et dépistage
Le Dr Pierre Senesse, gastro-entérologue à l’ICM, présente les symptômes du cancer colorectal, sa prévention et son dépistage. Un point médical de quelques minutes pour mieux situer ces notions, sans assimiler un changement d’aspect des selles à un diagnostic.
Selles dures, liquides ou fines : replacer la forme dans le transit
La forme des selles reflète le fonctionnement du transit intestinal. Des selles très dures ou au contraire très liquides peuvent signaler un déséquilibre, mais leur signification dépend toujours de la durée, de la fréquence et des symptômes associés.
Selles dures et sensation d'évacuation incomplète
Des selles dures, en petites boules ou difficiles à évacuer, évoquent une constipation. La difficulté d’évacuation et la sensation de vidange incomplète sont des repères plus utiles qu’un simple décompte hebdomadaire de passages aux toilettes. La constipation n’est pas qu’une question de fréquence.
Un ajustement de l’hydratation et de l’apport en fibres peut améliorer le confort dans de nombreux cas. Certains aliments riches en fibres y contribuent. Si la constipation persiste et s’accompagne de sang, de glaires, d’un amaigrissement ou d’une fatigue, un avis médical est nécessaire pour rechercher une cause.
Selles liquides répétées et diarrhée
La SNFGE définit la diarrhée par plus de trois selles très molles ou liquides par jour. Un épisode isolé après un repas inhabituel ne constitue pas une diarrhée au sens médical. C’est la répétition qui compte.
Une diarrhée prolongée (2 à 4 semaines) ou chronique (au-delà d’un mois) nécessite un bilan pour en rechercher la cause. Chez une personne constipée, des selles liquides peuvent paradoxalement témoigner d’une fausse diarrhée par débordement : le liquide contourne un bouchon de selles dures. Les symptômes de la gastro-entérite illustrent bien la différence entre un épisode aigu et un trouble prolongé.
Selles fines : un changement à signaler
Des selles devenues régulièrement plus étroites que d’habitude méritent d’être signalées au médecin. Ce changement peut avoir plusieurs explications, dont certaines sont bénignes. Il ne permet pas, à lui seul, de suspecter un obstacle ou une maladie grave. C’est l’association avec d’autres signes (sang, modification persistante du transit, perte de poids) qui oriente l’évaluation médicale.
Observer le transit sur plusieurs jours
- Une selle molle isolée n'est pas une diarrhée
- Plus de trois selles très molles ou liquides par jour : définition SNFGE de la diarrhée
- Diarrhée prolongée : 2 à 4 semaines
- Diarrhée chronique : au-delà d'un mois
- Ces durées classent le trouble, elles ne sont pas des délais pour attendre avant de consulter
- La fréquence, le contexte et les symptômes associés comptent autant que l'aspect
La durée et le rythme comptent autant que l'aspect
Un changement brutal, même impressionnant, peut se révéler passager. Un changement discret qui persiste plusieurs semaines mérite en revanche davantage d’attention. Le rythme habituel de chacun est le meilleur point de comparaison : ce qui est normal pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre.
Toute modification durable de ce rythme, en fréquence ou en consistance, gagne à être mentionnée lors d’une consultation. Le médecin pourra alors replacer cette observation dans le contexte des antécédents et des traitements en cours, et déterminer si des examens complémentaires sont utiles.
Quand faut-il consulter ou appeler les urgences ?
L’aspect des selles inquiète souvent, mais toutes les anomalies n’appellent pas la même réaction. Un changement de couleur isolé et un saignement massif ne se gèrent pas de la même façon. Trois niveaux de réponse se distinguent, selon la nature et la gravité des signes observés.
Appeler le 15 ou le 112 immédiatement
Un saignement abondant par l’anus constitue une urgence médicale. Des selles noires goudronneuses accompagnées d’un malaise, de vertiges, d’une syncope ou d’une confusion justifient un appel immédiat au 15 (SAMU) ou au 112. La même conduite s’applique en cas de vomissements de sang.
Les signes de déshydratation sévère avec somnolence ou confusion nécessitent aussi un appel d’urgence, en particulier chez une personne âgée ou fragile. Ces situations ne doivent pas attendre la comparaison avec des photos ni la recherche d’une explication alimentaire. L’appel prime sur toute autre démarche.
Consultation dans la journée
Des selles noires goudronneuses suspectes imposent une évaluation médicale urgente, même sans malaise. Il ne faut pas attendre l’apparition d’autres symptômes pour consulter. Si les signes de gravité décrits plus haut sont présents, appelez le 15 ou le 112.
Selon l’Assurance Maladie, une diarrhée avec impossibilité de boire, douleurs, fatigue, amaigrissement brutal ou forte fièvre impose une consultation dans la journée. Une personne de plus de 75 ans doit aussi consulter dans la journée en cas de diarrhée, même sans ces signes. La même recommandation vaut en cas de maladie chronique ou d’immunodépression.
Prendre rendez-vous rapidement
Une diarrhée qui persiste au-delà de deux jours, qui récidive régulièrement ou qui contient du sang ou des glaires justifie un rendez-vous médical rapide, même sans signe de gravité immédiate. Des selles décolorées associées à des urines foncées ou un jaunissement de la peau appellent la même démarche.
Un changement persistant du transit sur plusieurs semaines, sans cause alimentaire ou médicamenteuse évidente, mérite aussi un avis médical. Le médecin adaptera son évaluation au contexte, aux antécédents et aux traitements en cours de chaque patient.
Ce qu'il ne faut pas faire en attendant
Il est déconseillé de prendre un ralentisseur du transit en présence de sang dans les selles. Un traitement en cours ne doit pas être arrêté sans avis médical, même si l’on pense qu’il explique l’anomalie observée. Un appel d’urgence ne doit jamais être retardé pour tenter de prendre une photographie. Ces gestes de prudence s’appliquent à toutes les situations décrites.
Un contexte qui change la conduite à tenir
L’âge, les maladies existantes et les traitements en cours modifient le niveau de vigilance nécessaire. Un symptôme banal chez un adulte de 30 ans sans antécédent peut justifier une évaluation plus rapide chez une personne de 75 ans sous anticoagulant. La prise de certains médicaments (anti-inflammatoires, anticoagulants) augmente le risque de saignement digestif et peut modifier l’interprétation d’un changement de couleur.
En cas de doute sur le degré d’urgence, un appel au médecin traitant permet de situer la priorité. Cet échange évite une attente inutile comme un passage aux urgences non justifié.
Peut-on reconnaître un cancer sur une photo de selles ?
La crainte du cancer colorectal pousse de nombreuses personnes à chercher des images de référence sur internet. Cette inquiétude est tout à fait compréhensible, car la question revient fréquemment en consultation. La réponse est pourtant claire : aucune photographie ne permet de poser ni d’exclure ce diagnostic.
Aucune image ne permet de conclure
Les signes du cancer colorectal sont non spécifiques, selon l’Assurance Maladie. Un changement persistant du transit, la présence de sang (parfois invisible à l’œil nu), des selles plus étroites ou un amaigrissement peuvent accompagner cette maladie, mais aussi de nombreuses autres affections bénignes.
Aucune couleur, aucune texture, aucune forme visible sur une image ne permet de distinguer un cancer d’un trouble fonctionnel ou d’une simple inflammation passagère. L’absence de signe visible ne constitue pas non plus une quelconque garantie. Comparer des photos en ligne peut retarder une consultation nécessaire ou alimenter une anxiété injustifiée.
Les signes qui justifient une consultation
Toute modification persistante du transit, tout saignement rectal inexpliqué, tout amaigrissement involontaire ou toute fatigue prolongée sans cause évidente justifient un rendez-vous avec le médecin. Celui-ci peut orienter le bilan selon la situation clinique et prescrire des examens adaptés.
Une coloscopie et éventuellement une biopsie permettent de confirmer ou d’écarter un diagnostic. Ces examens sont prescrits sur la base d’un faisceau de signes cliniques, jamais sur la seule apparence d’une photographie. La démarche diagnostique est individuelle, guidée par le médecin et les antécédents du patient.
Dépistage et symptômes : deux situations distinctes
Le dépistage organisé du cancer colorectal concerne les personnes de 50 à 74 ans sans symptômes. Il repose sur un test de recherche de sang occulte dans les selles. Ce programme de prévention ne remplace pas la consultation d’une personne qui présente déjà des symptômes.
Si du sang apparaît dans les selles, la démarche est de consulter un médecin, pas d’attendre le résultat d’un test de dépistage. Le dépistage organisé et le bilan d’un symptôme sont deux parcours différents, qui ne répondent pas à la même question.
Cancer colorectal : les points à vérifier
- Aucune photo de selles ne permet de détecter ou d'exclure un cancer
- Modification persistante du transit, saignement ou amaigrissement : consulter
- Le dépistage organisé (50-74 ans) concerne les personnes sans symptômes
- Un symptôme visible impose une consultation, pas un test de dépistage seul
- Le diagnostic repose sur des examens médicaux, jamais sur une image
Préparer une consultation sans multiplier les comparaisons en ligne
Plutôt que de multiplier les recherches de photos en ligne, la démarche la plus utile consiste à rassembler des informations concrètes pour le médecin. Ces éléments lui permettront d’orienter son évaluation bien plus efficacement qu’une image. Le bilan dépend toujours du contexte individuel.
Les informations utiles à rassembler
Le médecin aura besoin de savoir depuis quand le changement a commencé et comment il a évolué. Le rythme habituel (fréquence, consistance, facilité d’évacuation) et la fréquence actuelle sont des points de repère essentiels pour lui. La couleur et la consistance des selles, décrites avec les types de Bristol si possible, complètent utilement le tableau clinique.
Il est utile de relever la présence de douleurs, de fièvre ou de sang, la capacité à boire normalement, les aliments récents et les médicaments en cours, notamment ceux contenant du fer. Ces éléments orientent le bilan de façon bien plus fiable qu’une série de photographies comparées en ligne.
La photographie comme support, pas comme preuve
Une photo de selles peut être montrée au médecin comme support descriptif lors de la consultation. Ce n’est ni indispensable ni suffisant pour poser un diagnostic. Si l’on décide d’en prendre une, il est préférable de la transmettre par un canal privé et approprié.
En situation d’urgence, il ne faut jamais retarder un appel pour capturer une image. Le médecin oriente ses prescriptions selon l’ensemble du tableau clinique, pas selon une seule photographie. L’essentiel reste de communiquer les informations pratiques et d’être accompagné dans la démarche diagnostique.
Selles anormales : savoir observer pour mieux réagir
L’aspect de vos selles raconte une partie de votre santé digestive. Ce guide vous a donné les repères pour décrire ce que vous observez, comprendre les limites de la comparaison visuelle et identifier les situations qui nécessitent un appel ou une consultation. Une couleur inhabituelle, un changement de consistance ou la présence de sang ne permettent jamais, seuls, de poser un diagnostic.
En cas de doute, votre médecin reste le premier interlocuteur à solliciter. Il replacera l’observation dans votre contexte de santé, évaluera vos antécédents et décidera des examens adaptés à votre situation. Une anomalie décrite avec précision (depuis quand, à quelle fréquence, avec quels symptômes associés) lui apportera bien plus qu’une série de photos comparées en ligne.
Le corps envoie des signaux. Savoir les noter, les décrire et consulter au bon moment, c’est déjà prendre soin de votre santé digestive. Le médecin traitant est là pour transformer une observation en démarche utile et rassurante.
Sources de cet article
- Assurance Maladie, ameli.fr
- Assurance Maladie, ameli.fr
- Assurance Maladie, ameli.fr
- Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE), snfge.org
- NHS England, england.nhs.uk
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute ou de symptôme persistant, consultez un médecin.
Crédits photos
Tima Miroshnichenko / Pexels
Vos questions fréquentes
Des selles marron clair sont-elles forcément anormales ?
Non. La teinte brune varie naturellement selon l’alimentation et la vitesse du transit. Un brun plus clair que d’habitude, en l’absence d’urines foncées, de jaunissement de la peau ou de démangeaisons, reste généralement banal.
Le fer peut-il rendre les selles noires ?
Oui, le fer peut colorer les selles en noir sans danger. Un aspect goudronneux suspect impose toutefois une évaluation médicale urgente, même sous traitement. S’il s’accompagne d’un malaise ou de vertiges, appelez le 15 ou le 112.
Une selle de type 6 suffit-elle à parler de diarrhée ?
Non. Un épisode isolé de selles molles n’est pas une diarrhée. La définition repose sur plus de trois selles très molles ou liquides par jour, de façon répétée. Le contexte et la durée précisent le tableau.
Des selles fines signifient-elles un cancer ?
Non. Des selles plus étroites que d’habitude peuvent avoir de nombreuses causes. Si ce changement persiste, un avis médical est nécessaire, même sans autre symptôme. La présence de sang, un amaigrissement ou une fatigue sont aussi à signaler.
Faut-il faire un test de dépistage si l'on voit du sang ?
Le test de dépistage organisé est destiné aux personnes sans symptômes. En présence de sang visible, la priorité est de consulter un médecin pour un bilan adapté à la situation, pas d’attendre un test.
Peut-on montrer une photo de ses selles au médecin ?
Oui, une photo peut servir de support pour décrire un changement. Elle n’est ni indispensable ni suffisante. La transmettre par un canal privé et ne jamais retarder un appel d’urgence pour la prendre.
Faut-il s'inquiéter de selles qui flottent ?
Pas forcément. Des selles qui flottent contiennent souvent des gaz, ce qui est courant et sans gravité. Si la flottaison s’accompagne d’un aspect gras, collant et malodorant de façon répétée, en parler au médecin.



