L’ulcère veineux est la plaie chronique de jambe la plus fréquente. Il ne survient jamais par hasard : il traduit une maladie veineuse évoluée. Savoir le reconnaître, comprendre comment on le soigne et pourquoi il faut traiter sa cause aide à mieux le prendre en charge et à limiter les récidives. Voici l’essentiel.

Qu'est-ce qu'un ulcère veineux ?

Selon Sonovein®, l’ulcère veineux de jambe désigne la perte de substance cutanée entretenue par l’hypertension veineuse, stade C6 de la classification CEAP, forme la plus avancée de l’insuffisance veineuse chronique et souvent associée à un reflux des veines perforantes. Concrètement, c’est une plaie de jambe qui ne cicatrise pas depuis plus d’un mois, en l’absence d’atteinte des artères.

Cette plaie est la partie visible d’un long déséquilibre. Quand le sang remonte mal des jambes vers le cœur, la pression augmente dans les veines, la peau se fragilise et finit par s’ouvrir. L’ulcère veineux représente 70 à 80 % des ulcères de jambe et constitue un véritable enjeu de santé publique, estimé à 272 millions d’euros de soins par an en France.

Reconnaître un ulcère veineux et sa cause

 Un ulcère veineux a des caractéristiques assez typiques :

  • Il siège le plus souvent autour de la cheville, sur le tiers inférieur de la jambe.
  • Il est généralement peu douloureux, étendu et superficiel, avec des bords irréguliers.
  • Il s’accompagne de signes d’insuffisance veineuse : œdème, peau brunie (dermite ocre), eczéma, durcissement des tissus.

Ces signes le distinguent de l’ulcère artériel, plus douloureux et lié à un défaut d’irrigation. Cette distinction est capitale, car la prise en charge diffère, et seul un médecin peut la poser après examen. La cause de l’ulcère veineux est un reflux qui entretient l’hypertension dans la jambe. Agir sur ce reflux fait partie du traitement : le principe du traitement non invasif du reflux veineux superficiel par ultrasons focalisés est présenté sur sonovein.com/fr. Cette approche relève toujours de l’évaluation d’un professionnel de santé.

Ulcère veineux, artériel ou mixte : bien distinguer

Tous les ulcères de jambe ne se ressemblent pas, et leur traitement dépend de leur origine :

  • L’ulcère veineux est lié à l’hypertension veineuse. Peu douloureux et situé autour de la cheville, il s’accompagne de signes d’insuffisance veineuse.
  • L’ulcère artériel résulte d’un défaut d’irrigation. Souvent plus douloureux, il touche d’autres zones et impose une prise en charge spécifique.
  • L’ulcère mixte associe les deux composantes, veineuse et artérielle.

Certaines plaies, plus rares, ont d’autres causes encore. C’est pourquoi le bilan, avec la mesure de l’index de pression systolique et l’écho-Doppler, est indispensable avant de commencer un traitement. Une compression forte posée sur un ulcère artériel pourrait en effet aggraver la situation.

Soigner la plaie : les principes du traitement

La prise en charge repose sur deux axes complémentaires : soigner la plaie et faire baisser la pression veineuse. Elle est longue, souvent de trois à six mois, et demande de la régularité.

  • La compression veineuse est la pierre angulaire. Une compression de haut niveau, de 30 à 40 mmHg, est portée en permanence pour réduire la pression dans la jambe et favoriser la cicatrisation.
  • Les soins locaux consistent à nettoyer la plaie à l’eau, à retirer les débris et la fibrine, puis à appliquer un pansement adapté à son aspect. On évite les antiseptiques en usage systématique et on ne cherche pas à dessécher la plaie.
  • Le suivi se fait toutes les deux à quatre semaines, avec mesure et photos. Une réduction de 20 à 30 % de la surface au bout d’un mois est un bon signe d’évolution.

Ces soins sont réalisés par des professionnels de santé, qui adaptent le rythme des pansements et la stratégie à l’évolution de la plaie. La patience compte ici autant que la régularité : un ulcère ancien peut mettre plusieurs mois à se refermer, mais chaque étape franchie rapproche de la guérison.

Traiter la cause pour éviter la récidive

Soigner la plaie ne suffit pas si l’on ne s’occupe pas de son origine. Avant tout, un écho-Doppler veineux cartographie le réseau, repère le reflux et mesure sa sévérité. La mesure de l’index de pression systolique permet d’écarter une composante artérielle, car une compression forte est contre-indiquée en cas d’artériopathie.

Lorsqu’un reflux superficiel est confirmé, agir sur la veine responsable réduit le risque de récidive. Plusieurs techniques existent pour fermer la veine en cause : chirurgie, procédés endoveineux par laser ou radiofréquence, ou traitement non invasif du reflux. Le choix dépend de l’état veineux et artériel de la jambe, et se décide toujours avec un médecin. Cette double action, sur la plaie et sur sa cause, est la clé d’une guérison durable.

Qu'est-ce qui peut retarder la cicatrisation ?

Plusieurs éléments allongent la guérison et méritent d’être surveillés :

  • Une compression mal suivie ou insuffisante
  • Une surinfection de la plaie, marquée par une rougeur, une douleur, une odeur ou de la fièvre
  • Une dénutrition, fréquente chez les personnes âgées
  • Un ulcère ancien, de grande surface ou évoluant depuis plus d’un an
  • Des facteurs aggravants comme le diabète, le tabac ou le surpoids

Repérer et corriger ces freins fait partie intégrante du traitement. C’est pourquoi le suivi régulier est essentiel : il permet de vérifier que la plaie se réduit bien et d’ajuster la prise en charge si elle stagne.

Appareil pour ulcère veineux

L'importance de l'état général

La cicatrisation d’un ulcère ne dépend pas que des soins locaux. L’état général du patient joue un rôle majeur:

  • Une alimentation équilibrée, suffisamment riche en protéines, soutient la réparation des tissus.
  • Le contrôle du diabète, du surpoids et l’arrêt du tabac améliorent nettement la guérison.
  • La mobilité et l’activité physique, même modérée, entretiennent la pompe musculaire du mollet.
  • Le repérage d’une dénutrition, fréquente chez les personnes âgées, permet de la corriger.

Prendre en compte ces éléments accélère la cicatrisation et réduit le risque de récidive. L’ulcère veineux se soigne autant par les soins de la plaie que par l’attention portée à la santé globale.

Prévenir la récidive au quotidien

Après cicatrisation, le risque de récidive reste élevé, de l’ordre de 30 %. Quelques habitudes le réduisent nettement :

  • Poursuivre la compression prescrite, souvent à vie
  • Marcher chaque jour et mobiliser la cheville pour activer la pompe musculaire du mollet
  • Surélever les jambes au repos
  • Éviter la station debout ou assise prolongée, jambes pendantes
  • Surveiller la peau et signaler tout changement au moindre doute

Une alimentation équilibrée et le contrôle des facteurs de risque, comme le diabète ou le surpoids, participent aussi à la prévention. La régularité est la clé : l’ulcère veineux se soigne et se prévient dans la durée.

Résumé

L’ulcère veineux n’est pas une fatalité. Il traduit une maladie veineuse avancée que l’on peut prendre en charge, à condition de soigner la plaie et d’agir sur sa cause. Le point de départ reste un diagnostic vasculaire précis, qui conditionne toute la suite du traitement et la prévention des récidives.

Sources

  • Haute Autorité de Santé (HAS), Prise en charge de l’ulcère de jambe à prédominance veineuse
  • RecoMédicales (d’après SFMV 2025 et HAS), Ulcère veineux de jambe, 2025
  • La Revue du Praticien, Définitions et épidémiologie de la maladie variqueuse
  • Ameli (Assurance Maladie), Le suivi en ville des plaies chroniques

Questions fréquentes sur l'ulcère veineux

Combien de temps un ulcère veineux met-il à cicatriser ?

La cicatrisation est longue, souvent de trois à six mois. Moins de 40 % des ulcères veineux cicatrisent en trois mois. La régularité des soins et le port permanent de la compression sont déterminants.

Peut-on marcher avec un ulcère à la jambe ?

Oui, et c’est même conseillé. La marche active la pompe musculaire du mollet, améliore le retour veineux et favorise la cicatrisation. L’immobilité aggrave au contraire la stase.

L'ulcère veineux est-il douloureux ?

L’ulcère veineux pur est souvent peu douloureux. Une douleur marquée doit alerter : elle peut signaler une surinfection ou une composante artérielle, et impose de consulter.

Faut-il désinfecter la plaie soi-même ?

Non, il vaut mieux confier les soins à un professionnel. La plaie se nettoie à l’eau, sans antiseptiques systématiques, et un pansement adapté est choisi selon son aspect.

L'ulcère veineux récidive-t-il souvent ?

Oui, le risque avoisine 30 %. La compression poursuivie et le traitement de la cause, quand un reflux est identifié, sont les meilleurs moyens de l’éviter.

Un ulcère veineux peut-il se surinfecter ?

Oui. Une rougeur qui s’étend, une douleur nouvelle, une odeur ou de la fièvre doivent faire consulter. Une surinfection nécessite une prise en charge adaptée et ne doit pas être négligée.